ALASKA PIPELINE - master of puppets

FACE A
1. The mouth, the nose, the eyes
2. Address, a dress
3. Seatbelts
4. Terror !
5. Lonely karateka
6. Time capsules

FACE B
1. White walls
2. Red pants
3. Croushnaff
4. Sense of honor
5. Twice as mean
6. Surrender !
Serait-ce un nouveau groupe Dischord ? A l'écoute de ce premier album, on pourrait se laisser avoir, mais il s'agit pourtant bien d'Alaska Pipeline, trio originaire de Rouen, dont je pensais le disque sorti depuis plus d'un an !!!! Faut-il rappeler que ces jeunes gens ont enregistré ces 12 titres chez Miguel Constantino en mars 2009 ! Pourtant, c'est bien aujourd'hui que sort cet album sous la forme de plus en plus prisée d'un vinyle (pochette sérigraphiée) accompagné de son CD (pour la chronique, nous nous contenterons de la version CD). Mais ça valait le coup d'attendre. Sur ce Master of Puppets (qui nous renvoie inévitablement à Metallica, même si on n'en retrouve aucune trace dans la musique), le trio mélange étonnamment les genres, n'hésitant pas à franchir certaines lignes rouges sans se soucier du qu'en dira-t-on. Mais le groupe semble doué d'un sens de l'humour certain qui emmène toute soit disant faute de goût vers un laisser aller jouissif. Là est leur grande force, et tant pis pour la milice du bon goût indé, qui risque de s'étouffer avec cet album. Car Alaska Pipeline, réussissent là ou plus d'un se seraient cassez le nez, et la mâchoire avec. Leur musique est en effet un mélange particulier entre la culture complexe des groupes mathrock, la sensibilité des groupes Dischord de la seconde génération, et une touche définitivement plus accessible (eux disent "power-pop"). En gros, nous pourrions nous laisser aller au jeu des références, comme le public après leur concert, et parler d'un croisement entre Faraquet (le mathrock à la Dischord), Q and not U (beaucoup de chose) et Police (le chant quand il pousse), voire pourquoi pas Superchunk (l'aspect power-pop). Eux disent entendre régulièrement "vous aimez bien Faraquet, non?", "ça m'a rappelé NOFX", ou "il y a un petit côté Yes" ! Je reprends ces citations tirées de la bio, car je les trouve drôles, mais aussi étonnantes sont-elles, on les comprend à l'écoute de cet album pourtant totalement cohérent (sauf peut-être pour Yes). Alaska Pipeline est étonnamment mélodique, étonnamment technique, et étonnamment doué ! Ça fait beaucoup pour un petit groupe de Rouen, n'est-ce pas ? Alors, certes, la voix un peu trop en avant peut irriter (même si je lui tire mon chapeau pour ces mélodies osées sur une telle musique), surtout avec ces intonations à la Sting sur certaines envolées vocales et certaines fin de phrases (c'était aussi le reproche que je faisais à Just a Fire, l'un des groupes de Fred Erskine de Hoover/June of 44). Certes, les nombreux breaks peuvent fatigués à la longue. Mais dans l'ensemble ce disque tient sacrément bien la route, repoussant courageusement certaines règles établies. Voilà même bien longtemps que Dischord n'avait pas sorti un tel album ! Ce n'est pas Dischord ? Autant pour moi. N'empêche, ça joue méchamment, ça chante, ça vit, c'est énergique, ça sonne, et en plus c'est téléchargeable gratuitement ici. Que vouloir de plus ? Juste un peu plus de 25 minutes la prochaine fois si c'est possible !
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